Loïk Le Floch-Prigent est condamné en appel le 29 janvier 2003 à 30 mois de prison ferme et deux millions de francs d'amende dans l'affaire Dumont, concernant des détournements de fonds puis condamné par trois fois notamment pour abus de biens sociaux.

Un dirigeant pétrolier à la tête d’un scam à la nigériane?

L’ancien chef du géant pétrolier français Elf  (le nom signifierait « Essences et Lubrifiants de France »), Loïk Le Floch-Prigent, a été inculpé de complicité de fraude au Togo après avoir été extradé vers la nation ouest-africaine, selon les dires de son avocat mardi.

Loïk Le Floch-Prigent est condamné en appel le 29 janvier 2003 à 30 mois de prison ferme et deux millions de francs d'amende dans l'affaire Dumont, concernant des détournements de fonds puis condamné par trois fois notamment pour abus de biens sociaux.

Loïk Le Floch-Prigent est condamné en appel le 29 janvier 2003 à 30 mois de prison ferme et deux millions de francs d’amende dans l’affaire Dumont, concernant des détournements de fonds puis condamné par trois fois notamment pour abus de biens sociaux.

Inculpé d’une arnaque nigériane ou fraude 419 (vient du numéro de l’article du code nigérian sanctionnant ce type de fraude), cette escroquerie abuse de la crédulité des victimes. Elle opère de cette façon; des individus se présentent, généralement par courriel ou en personne, comme étant bénéficiaire d’une importante somme d’argent, héritée d’un mari ou d’un père défunt et bloqué dans une banque

L’ancien PDG d’Elf a été interrogé lundi pendant environ trois heures par un juge togolais qui a déposé l’accusation après une extradition éclair de la Côte d’Ivoire au cours du week-end.

Son équipe juridique avait d’abord condamné le transfert international, qui est survenu le lendemain de son arrestation à Abidjan, la capitale économique de la Côte-d’Ivoire, alors qu’il tentait de monter à bord d’un vol d’Air France à destination de  Paris.

Son avocat en France, Patrick Klugman, a depuis fait marche arrière sur ces précédents commentaires acerbes sur l’extradition et a déclaré: « nous sommes rassurés par le soin apporté par les autorités togolaises dans le traitement de cette affaire. » L’homme de loi a ajouté que Le Floch-Prigent avait eu accès à son avocat au Togo ainsi que l’assistance consulaire française.

Le Floch-Prigent est retenu dans un bureau de la gendarmerie et n’a pas enregistré de plaidoyer, mais ses avocats ont déclaré l’innocence de leur client.

Un retour sur les présumés faits. Le 10 mars 2008, Abbas Yousef, le plaignant, est abordé dans les toilettes d’un palace de Dubaï par un Nigérian du nom de Mamadou Keita. Cet homme souhaitait lui présenter sa mère, Mounira Awa, se décrivant comme la veuve de feu le Président ivoirien Robert Guéï. Celle-ci explique avoir de grandes difficultés à récupérer 275 millions de dollars que lui aurait légués son défunt mari et qui seraient bloqués dans un coffre à la Banque centrale togolaise. Dans le souci de les aider et de réaliser un investissement intéressant, mais ne connaissant rien à l’Afrique, Abbas Yousef fait appel à Loïk Le Floch-Prigent.

Une réunion est alors organisée à Dubaï entre Abbas Yousef, Loïk Le Floch-Prigent, Mamadou Keita et Mounira Awa.

Loïk Le Floch-Prigent aurait confirmé alors la véracité des propos des escrocs et également l’existence de l’argent. Il s’avèrera par la suite qu’il connaissait bien Mamadou Keita et Mounira Awa, ce qu’ignorait Abbas Yousef.

Il fut alors demandé à Abbas Yousef de se rendre à Lomé avec 1.200.000$ de dollars afin de débloquer la somme déposée en banque. L’Emirati se rend à Lomé en compagnie de Loïk Le Floch-Prigent le 21 juillet 2008 par avion spécial. Ils sont accueillis par Mamadou Keita et Mounira Awa, ainsi que par celui qui se présente frauduleusement comme le Ministre de l’Intérieur du Togo, Bertin Sow Agba. Ce dernier conduit Abbas Yousef au domicile de Pascal Bodjona, directeur de cabinet du Président togolais Faure Gnassingbé, pour apporter encore plus de crédibilité aux allégations de l’ensemble des escrocs.

Agba Bertin, deux mois plus tard, annonce à Abbas Yousef qu’il venait de démissionner de son faux poste de Ministre de l’Intérieur et qu’il est remplacé par Pascal Bodjona, qui a organisé le transfert de l’argent au Ghana avec l’aide de Jean Pierre Gbikpi Benissan, Ambassadeur du Togo au Ghana.

En tout, c’est 48 millions de dollars, soit plus de 25 milliards de Francs CFA que les protagonistes de cette escroquerie auraient soutiré à Abbas Yousef.

Suite à l’extradition Le Floch-Prigent samedi Klugman avait dénoncé le mouvement, en disant les procédures d’extradition ne semble pas avoir été respecté. Un procureur ivoirien a toutefois déclaré que le transfert était une opération entre deux forces de police en conformité avec les règles d’Interpol.

Klugman a également affirmé que son client a été pris dans une affaire de politique intérieure togolaise. Il a dit qu’il craignait pour la santé de Le Floch-Prigent, qui aura 69 ans ce mois-ci et a un rendez-vous médical en France le 26 septembre.

Le Floch-Prigent, actuellement un consultant pour l’industrie du pétrole, a déjà purgé des peines de prison en France pour corruption, qui datait de son temps à la tête d’Elf de 1989 à 1993.

Selon François-Xavier Verschave, Elf résulte en fait d’une volonté politique du général de Gaulle, destinée à assurer la « grandeur » de la France en Afrique malgré la décolonisation, et à maintenir un accès français à cette ressource stratégique qu’est le pétrole.

Elf est alors une entreprise contrôlée majoritairement par l’État (elle le restera jusqu’à son rachat-fusion par Total-Fina), et de Gaulle nomme à sa tête son ancien ministre des Armées Pierre Guillaumat, qui fut l’un des fondateurs de la Direction générale des services spéciaux (DGSS). Celui-ci contribue à faire de la compagnie une « agence de renseignement », selon les termes mêmes de l’un de ses successeurs : « il ne se passe rien dans les pays pétroliers, en particulier en Afrique, dont l’origine ne soit pas Elf » .

Plusieurs hauts responsables Elf ont été emprisonnés après un scandale de corruption qui a éclaté dans les années 1990. La société a été rachetée par le géant pétrolier Total français en 2000.

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